Exposition

Du 2 octobre 2019 au 24 février 2020

Exposition "Le monde nouveau de Charlotte Perriand"

 

Exposition “Le monde nouveau de Charlotte Perriand

A la Fondation Louis Vuitton
Du 2 octobre 2019 au 24 février 2020

 

Le 2 octobre 2019, la Fondation ouvre une grande exposition consacrée à Charlotte Perriand (1903-1999), une femme libre, pionnière de la modernité, l’une des personnalités phares du monde du design du XXème siècle qui a contribué à définir un nouvel art de vivre. A l’occasion du vingtième anniversaire de sa disparition, la Fondation rend hommage à cette architecte et créatrice visionnaire à travers une exposition qui aborde les liens entre art, architecture et design

 
 

Parcours de l’exposition 
 

 

INTRODUCTION – CONSTRUIRE LA MODERNITE – UNE FEMME ENGAGÉE Galerie 1
 

Le rez-de-bassin est consacré à l’invention d’une modernité oscillant entre fascination pour l’industrie, engagement politique et nécessaire retour vers la nature. Dès les années 1920, Charlotte Perriand imagine un « art de vivre » en rupture avec les codes de son époque. S’inspirant de l’univers de l’automobile, du cinéma et repensant le rôle de la femme, elle conçoit pour son studio de Saint-Sulpice (1927) des meubles en acier chromé qui témoignent d’une étonnante modernité, puis étudie un projet intitulé « Travail & sport » (1927) qui illustre sa vision de l’appartement moderne. Associée à Le Corbusier et Pierre Jeanneret, elle dessine en dialogue avec eux des « icônes » telles que la « Chaise longue » ou le « Fauteuil grand confort » qui prennent place au sein d’un appartement idéal, présenté lors du Salon d’automne de 1929.

 

SE RESSOURCER DANS LA NATURE Galerie 2

Consciente de l’écueil d’une modernité vouée au fonctionnalisme, elle opère dès les années 1930 un retour vers la nature et s’engage en faveur d’un renouveau de l’habitat. Elle dénonce la grande misère de Paris en matière de logement par un photomontage du même nom (1936) et propose avec la Maison du jeune homme (1935) un espace où s’entrelacent lumière, oeuvres d’art, objets trouvés et meubles modernes. La confrontation entre ses photographies d’art brut et les dessins de Fernand Léger illustre la force d’une nature dans laquelle Charlotte Perriand puise son inspiration, créant ses premières « formes libres » aux courbes organiques.

 

DIALOGUE DES CULTURES – REPENSER LE MONDE Galerie 4

Invitée au Japon en 1940 pour orienter la production du pays dans le domaine des arts appliqués, elle présente une exposition intitulée « Sélection, Tradition, Création » qui appelle à repenser l’espace à vivre et l’usage de matériaux traditionnels, tels que le bambou. Elle influence une génération de designers japonais et puise dans cette culture de nouvelles sources d’inspiration. Après la Libération, elle prend part à la reconstruction, faisant appel à des artistes, tels que Fernand Léger, Pablo Picasso ou Alexandre Calder pour ses projets. En 1947, le magazine Elle la consacre ministre de la Reconstruction, dans un hypothétique « 1er ministère de femmes ». Les chambres d’étudiants qu’elle dessine pour la Maison du Mexique (1952) et la Maison de la Tunisie (1952) illustrent sa réflexion sur l’espace minimum et l’imbrication entre mobilier, architecture et art. Cette Reconstruction est bien sûr physique mais également métaphorique, avec pour ambition d’offrir aux hommes et aux femmes un indispensable renouveau après le traumatisme  e la guerre. Sa fenêtre dévoilant un dessin de Picasso (Maison familiale de Nelson, 1947), la sélection de « formes utiles » qu’elle réalise à l’occasion d’une exposition au musée des Arts décoratifs (1949-1950), ainsi que la cuisine ouverte de l’unité d’habitation de Marseille sont autant d’exemples de cette fonction poétique qu’entend offrir Charlotte Perriand.

 

SYNTHÈSE DES ARTS Galerie 5
 

La continuité entre Art et Architecture s’incarne dans l’exposition « Proposition d’une Synthèse des arts » qui s’ouvre à Tokyo en 1955. Charlotte réunit ses compagnons de route, Fernand Léger et Le Corbusier, mais aussi Hans Hartung et Pierre Soulages, en concevant un espace qui unit peintures, sculptures, tapisseries, mobilier et architecture, abolissant les frontières des disciplines. Son dessein est de transformer le quotidien grâce aux arts en créant un nouveau rapport au monde, de nouvelles interactions sociales, moins cloisonnées et sollicitant les sens.

 

UN NOUVEL ART DE VIVRE Galerie 6

 

Cette proposition d’une synthèse des arts utopique est portée à Paris par la galerie Steph Simon qui diffuse les créations emblématiques de l’art de vivre de Charlotte Perriand.

 

VIVRE AU BRÉSIL Galerie 7

La résidence qu’elle imagine à Rio illustre la capacité de cette créatrice infatigable à se renouveler tout au long de sa carrière, en demeurant toujours fidèle à ses principes : concevoir des formes utiles, intégrant les technologies d’avant-garde ainsi que les savoir-faire de différentes cultures.

 

VOIR ET MONTRER LES ARTS Galerie 9

Le dernier niveau de la Fondation présentera des aspects méconnus de l’oeuvre de Charlotte Perriand, notamment sa contribution au monde des musées et des collectionneurs. L’équipement du musée d’art moderne (1965), l’appartement du collectionneur Maurice Jardot (1978) et la nouvelle conception de la galerie Louise Leiris (1989) définissent des espaces qui invitent à un dialogue entre le visiteur et les oeuvres. Les principes : concevoir des formes utiles, intégrant les technologies d’avant-garde ainsi que les savoir-faire de différentes cultures.

 

CONSTRUIRE LA MONTAGNE Galeries 8 et 10

Réfléchissant à la préfabrication dès les années 1930, elle imagine avec Pierre Jeanneret un « Refuge Tonneau » (1938), tout à la fois abri et invitation au voyage. Cet amour de la nature et de la montagne explique la force et la discrétion de l’architecture que dessine Charlotte Perriand pour la station de ski des Arcs en Savoie (1967-1989). Rivalisant d’ingéniosité quant à leur inscription dans la pente, ses immeubles offrent à leurs occupants des lieux de repos, mais aussi de contemplation, avec de spectaculaires cadrages des sommets alpins.

 

HARMONIE & PAIX Galerie 11
 

Enfin la dernière galerie du parcours invite le visiteur à une méditation sur la place de la nature et l’importance du dialogue des cultures, avec la Maison de thé (1993), réalisée pour l’UNESCO et dialoguant avec des oeuvres d’artistes japonais, tels que Sofu Teshigahara et Isao Domoto.

 


Commissaires
Jacques Barsac, Sébastien Cherruet*, Gladys Fabre **, Sébastien Gokalp ***
et Pernette Perriand-Barsac
assistés de Roger Herrera (Fondation Louis Vuitton)

Conseiller scientifique pour les reconstructions
Arthur Rüegg ****

Conservateur associé
Olivier Michelon (Fondation Louis Vuitton)

Architecte scénographe
Jean-François Bodin

* Sébastien Cherruet, historien de l’architecture.
** Gladys Fabre, historienne de l’art et auteure.
*** Sébastien Gokalp, directeur du Musée national de l’histoire de l’immigration
**** Arthur Rüegg, architecte, professeur d’architecture et de construction à l’École polytechnique (ETH) de Zurich. Il a poursuivi de nombreuses activités de recherche et réalisé des expositions sur la construction, la couleur, la photographie et le design, ainsi que sur l’habitat moderne, bordant notamment les travaux de Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand.