Exposition

À partir du 20 février 2019

La Collection Courtauld et La Collection de la Fondation

 

La Collection Courtauld et La Collection de la Fondation

La Collection Courtauld,
Le parti de l’impressionnisme
Du 20 février au 17 juin 2019
 
Fondation Louis Vuitton / La Collection :
Le parti de la Peinture
Nouvelle sélection d’œuvres
Du 20 février au 26 août 2019
 

 
Après avoir annoncé sa fréquentation pour l’année 2018 (1 142 731 visiteurs), la Fondation Louis Vuitton présente, à Paris, pour la première fois depuis plus de soixante ans, la collection de l’industriel et mécène anglais Samuel Courtauld. L’exposition aura lieu du 20 février au 17 juin 2019.

Parallèlement à la présentation de la Collection Courtauld, la Fondation Louis Vuitton présente du 20 février au 26 août 2019, dans le reste du bâtiment, une nouvelle sélection d’œuvres de sa Collection intitulée Le parti de la peinture
 
I. La Collection Courtauld.
Le parti de l’impressionnisme : 

 
« La Collection Courtauld. Le parti de l’impressionnisme » réunit quelques 110 œuvres dont une soixantaine de peintures et des œuvres graphiques, majoritairement conservées à la Courtauld Gallery ou dans différentes collections publiques et privées internationales. Elle permet au public français de découvrir à Paris, soixante ans après leur première présentation en 1955, au Musée de l’Orangerie, quelques-unes des plus grandes peintures françaises de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe, tel que Un Bar aux Folies Bergère (1882) de Manet, La Jeune Femme se poudrant de Seurat (1889-90), Les Joueurs de cartes de Cézanne (1892-96), Autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh (1889), Nevermore de Gauguin (1897) ainsi qu’un ensemble de dix aquarelles de J.M.W. Turner qui ont appartenu au frère de Samuel Courtauld, Sir Stephen Courtauld.
 
Les liens qu’entretient Samuel Courtauld avec la France sont déterminants dans les motivations et l’esprit de sa collection. Sa famille, originaire de l’île d’Oléron, immigre à Londres à la fin du XVIIe. D’abord orfèvres, ses ancêtres créent une entreprise de textile en 1794 qui deviendra avec l’invention de la viscose, fibre synthétique révolutionnaire, une des plus importantes entreprises de textile au monde au tout début du XXe siècle. Samuel Courtauld accède à sa présidence en 1921 et accompagne son développement jusqu’en 1945. Francophile, il se rendra régulièrement à Paris, notamment pour acheter des œuvres auprès des marchands français, conseillé entre autres par l’historien d’art et marchand Percy Moore Turner.

Sa collection, constituée entre 1923 à 1929, en moins de 10 ans, en parfaite concertation avec sa femme Elizabeth, est d’abord montrée dans leur demeure néoclassique de Home House, construite par l’architecte Robert Adam en 1773-1777, située à Portman Square, au centre de Londres. Le cercle amical des Courtauld réunit alors des personnalités à la croisée du monde de l’art, de la musique, de la littérature, de l’économie, des membres du Bloomsbury Group tel l’économiste John Maynard Keynes et l’historien d’art, peintre et critique Roger Fry, un des premiers promoteurs de l’impressionnisme. L’engagement social du couple s’exprime également chez Elizabeth par un soutien déterminé à la musique classique et aux Courtauld-Sargent Concerts donnés au Queen’s Hall.
Samuel Courtauld joue un rôle fondamental dans la reconnaissance de Cézanne au Royaume-Uni, en rassemblant le plus grand ensemble du peintre, dont la Montagne Sainte-Victoire au grand pin et l’une des cinq versions des Joueurs de cartes. Seurat constitue l’autre point fort de la collection avec un ensemble significatif de quatorze œuvres, dont La Jeune Femme se poudrant.

Sur la base d’une conception « humaniste » de l’art, les Courtauld vont développer un objectif philanthropique et la volonté de partager avec le plus grand nombre. Leur générosité se manifeste à travers une collection qui sera bientôt accessible au public et grâce à un fonds – le Courtauld Fund – spécialement affecté aux institutions nationales. C’est ainsi qu’ont pu être acquis pour la National Gallery le fameux tableau Une baignade, Asnières de Seurat – désormais indéplaçable –, La Gare SaintLazare de Monet, Champ de blé, avec cyprès de Cézanne, Café-Concert de Manet, La Yole de Renoir, Le Chenal de Gravelines de Seurat.
En 1931, la volonté de Samuel Courtauld de donner au public un accès à l’histoire de l’art et aux œuvres se poursuivra à travers la création de l’Institut Courtauld, abrité dans la demeure familiale de Home House. Il ajoute à ce don celui de la moitié de sa collection, soit soixante-quatorze œuvres (peintures, dessins, estampes) parmi lesquelles les étudiants circulent librement. Le reste de la collection, augmentée de quelques œuvres acquises ultérieurement, sera transmis au moment de sa mort à l’Institut Courtauld.

La grande originalité de l’Institut est de conjuguer la collection, la recherche et un enseignement qui, à côté de l’histoire de l’art, s’ouvre aux techniques de conservation et de restauration des œuvres. Ce haut-lieu de la culture a acquis et conservé une réputation internationale. Il peut s’enorgueillir d’un fonds de documentation exceptionnel – en architecture notamment – et d’archives remarquables. En 1989, la Courtauld Gallery a quitté Home House pour s’installer sur son site actuel, Somerset House, – construit par Sir William Chambers entre 1176 et 1796, ancien siège londonien des expositions de la Royal Academy of Art.
La fermeture temporaire de la Courtauld Gallery pour rénovation, à partir de septembre 2018, rend possible cette exposition. L’opération menée sur plusieurs années, appelée Courtauld Connects, verra la transformation du Courtauld Institute of Art and Gallery et notamment la restauration de la Great Room, construite par Sir William Chambers entre 1776 et 1779, pour les expositions annuelles organisées par la Royal Academy of Arts jusqu’en 1836, où ont exposé Reynolds, Gainsborough, Constable, Turner.

L’exposition de la Collection Courtauld incarne la volonté de la Fondation Louis Vuitton de valoriser la place des collectionneurs emblématiques dans l’histoire de l’art dans la lignée de précédentes expositions organisées par la Fondation réunissant des chefs-d’œuvre significatifs de la Modernité, rassemblés par de prestigieuses institutions publiques : « Les Clefs d’une passion » (2014-2015),
« Être Moderne : Le MoMA à Paris » (2017-2018) et des collectionneurs éclairés : « Icônes de l’art moderne. La Collection Chtchoukine » (2016-2017).
 
Le parcours de l’exposition dans les galeries 1, 2 et 3, est conçu, d’une part, autour d’ensembles exceptionnels des deux figures d’élection Cézanne et Seurat, et d’autre part, autour d’œuvres majeures de Manet, Monet, Renoir, Degas, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Gauguin, Modigliani.
              
Salle 1
Chronologique à partir des années 1860, l’exposition est introduite par Don Quichotte et Sancho Pança de Daumier. Viennent ensuite plusieurs œuvres de Manet dont le fameux Un Bar aux Folies-Bergère, une version du Déjeuner sur l’herbe et Coin de café-concert.
 
• Salle 2
Elle rassemble deux sections, l’une autour du paysage avec des peintures de Monet, dont La Gare Saint-Lazare, Antibes, Effet d’automne à Argenteuil, La Yole ; l’autre section autour de la figure, avec La Loge et le Portrait d’Ambroise Vollard de Renoir ; Après le bain de Degas.
 
• Salle 3
Elle est consacrée à un ensemble de 14 œuvres de Seurat organisé autour de La Jeune Femme se poudrant. Y figurent quelques petites huiles sur panneau de Seurat. Citons Le Pêcheur à la ligne, Homme peignant une barque, Chevaux dans l’eau.
 
• Salle 4
Sont présentées deux œuvres de Toulouse-Lautrec, Jane Avril à l’entrée du Moulin Rouge et En cabinet particulier (Au Rat mort) ainsi qu’un cabinet d’œuvres sur papier, réunissant des dessins de Toulouse-Lautrec, de Matisse et de Picasso.
 
• Salle 5
Vient ensuite, un ensemble de dix peintures et trois dessins de Cézanne – dont une version des Joueurs de cartes et La Montagne Sainte-Victoire au grand pin, Nature morte à l’Amour en plâtre et Lac d’Annecy.
 
• Salle 6
Suit alors l’ensemble de Van Gogh, dont Autoportrait à l’oreille bandée, Pêchers en fleurs, ainsi que Champ de blé avec cyprès aujourd’hui propriété de la National Gallery. C’est ensuite Gauguin, avec un ensemble de quatre peintures dont les célèbres Meules, Nevermore et Te Rerioa, ainsi qu’une sculpture, Portrait de Mette, et huit gravures sur bois de la série Noa-Noa. Enfin, le Nu féminin de Modigliani.
 
• Salle 7
Sont exposées dix aquarelles de J. M. W. Turner issues de la collection de Sir Stephen Courtauld, le frère de Samuel.
 
L’exposition se clôt sur une section documentaire et un film qui retracent l’histoire de la famille, de l’entreprise, de la collection, des activités philanthropiques des époux Courtauld. Elle réunit des documents, des correspondances, des archives sur l’Institut Courtauld, témoignant d’échanges avec des critiques, des marchands, des historiens de l’art.
 

II. Fondation Louis Vuitton / La Collection :
Le parti de la Peinture
Nouvelle sélection d’œuvres

 
Sur les trois derniers niveaux et la terrasse de la Fondation Louis Vuitton est présentée une nouvelle sélection de 70 œuvres de sa collection (réalisées par 23 artistes internationaux), des années 1960 à nos jours. La peinture en est le thème. Elle est abordée dans toute sa diversité : figurative ou abstraite, expressive ou distanciée. Des œuvres en volume sont mises en regard. Des salles consacrées à Joan Mitchell, Alex Katz, Gerhard Richter, Ettore Spalletti, Yayoi Kusama, Jesús Rafael Soto alternent avec des ensembles thématiques, autour de l’abstraction, de l’espace et de la couleur. Cet accrochage montre de quelle manière la peinture ne cesse de se réinventer et d’enfreindre ses propres règles, puisant dans les techniques de reproduction actuelles.

Depuis son inauguration en 2014, la Fondation présente régulièrement un choix d’œuvres de la Collection. Les premiers accrochages étaient conçus autour des lignes sensibles retenues pour la collection : Contemplation, Expressionnisme, Popisme et Musique/Son (2014-2016). Des ensembles ont par la suite été montrés dans le cadre de manifestations spécifiques, dédiées à la Chine (2016) et à l’Afrique (2017). Enfin, la collection a été abordée selon un axe thématique, interrogeant la place de l’Homme au sein du monde vivant dans l’exposition « Au diapason du monde » (2018).
 
Parcours de l’exposition :

Galerie 4 (niveau 0) :
Joan Mitchell (1925-1992) et Carl Andre (né en 1935)
Le parcours s’ouvre sur un ensemble majeur de neuf peintures de Joan Mitchell, datées entre 1976 et 1989, jamais présentées ici, qui s’inscrivent dans la lignée de l’expressionnisme abstrait par les gestes amples, les formats imposants, les couleurs pures. Ce lyrisme traduit une vision intériorisée du paysage et de la nature.
Une vaste sculpture de Carl Andre partage la salle, dont la rigueur modulaire contraste avec la profusion de Mitchell.
 
Galerie 5 et 6 (niveau 1) :
Peindre autrement :
Mark Bradford (né en 1961), Daniel Buren (né en 1938), Bernard Frize (né en 1954), Wade Guyton (né en 1972), Raymond Hains (1926-2005), Nick Mauss (né en 1980), François Morellet (1926-2016), Albert Oehlen (né en 1954), Jesús Rafael Soto (1923-2005), Pierre Soulages (né en 1919), Niele Toroni (né en 1937), Christopher Wool (né en 1955)
mais aussi Bas Jan Ader (1942-1975), Robert Breer (1926-2011), Joseph Kosuth (né en 1945),
Les artistes renouvellent sans cesse leurs manières de peindre. Ils s’affranchissent du pinceau ou de la toile comme support, employant des techniques industrielles, s’appropriant des éléments du quotidien. L’abstraction génère de nouvelles appréhensions de l’espace et de la lumière.

En galerie 5, dès l’entrée, Jesús Rafael Soto associe tracés réguliers et vibrations visuelles. Daniel Buren transforme l’espace avec des toiles de store rayées recouvertes en partie de peinture. Un long monochrome outrenoir de Pierre Soulages capte la lumière. Raymond Hains confère une dimension picturale à des tôles de panneaux publicitaires. Mark Bradford abrase des papiers récupérés pour dessiner des passages de la Constitution américaine. Christopher Wool sérigraphie l’image de ses propres peintures associant abstraction et lettrage industriel. Wade Guyton « peint » sur une toile avec une imprimante industrielle, conservant les accidents d’impression. Albert Oehlen reproduit à la main un dessin réalisé à l’aide d’un des premiers logiciels de composition graphique. Un dôme réfléchissant blanc de Robert Breer se déplace de manière aléatoire dans la salle, multipliant les points de vue sur les peintures.

En galerie 6, Niele Toroni confère à l’espace une luminosité et une densité nouvelles au moyen d’empreintes régulières de pinceau. Bernard Frize peint en suivant de règles de composition préétablies. Nick Mauss confère une dimension inédite à ses dessins en jouant des supports et des reflets. François Morellet superpose aléatoirement des surfaces, lignes et néons. Joseph Kosuth conçoit un néon qui énonce les couleurs qui le constituent, œuvre à la fois visuelle et conceptuelle.
 
Galerie 7 (niveau1) :
Ettore Spalletti (né en 1940)
Cinq œuvres à la surface lumineuse, constituées d’une succession de couches picturales, l’impasto, évoquent la peinture de la Renaissance italienne et l’atmosphère de la région italienne des Abruzzes où l’artiste vit.
 
Galerie 9 (niveau 2) :
Alex Katz (né en 1927) et Gerhard Richter (né en 1932)
Dans la première partie de la galerie, Alex Katz porte un regard édénique sur la nature et ses proches, à travers des aplats de couleurs franches aux formes simples. Dans la seconde partie les œuvres de Gerhard Richter oscillent entre abstraction et évocation de la nature.
 
Galerie 10 (niveau 2) :
Couleur et Lumière :
Ellsworth Kelly (1923-2015), Dan Flavin (1933-1996), Gerhard Richter (né en 1932)
La galerie 10 réunit des œuvres d’une abstraction radicale, géométriques et modulaires, qui célèbrent la lumière, l’espace et la couleur. Ellsworth Kelly dresse dans l’espace un triangle, entre peinture et sculpture. Dan Flavin associe des tubes fluorescents standards dans des compositions d’une lumière introvertie. Gerhard Richter répartit aléatoirement sur 4900 carrés des teintes issues d’une de ses précédentes peintures, reprenant son vitrail pour la cathédrale de Cologne.
 
Galerie 11 (niveau 2) :
Yayoi Kusama (née en 1929)
Infinity Mirror Room (Phalli’s Field) 1965/2013 est un des tous premiers environnements de Yayoi Kusama. Immergé dans ce paysage psychédélique de formes organiques dont il devient un élément, le spectateur est dans un univers hypnotique, peinture dans l’espace qui s’étire à l’infini par le jeu de miroirs.
 
Terrasse ouest (niveau 2) :
Jesús Rafael Soto (1923-2005)
Pénétrable BBL bleu, 1999
Par la répétition de formes et de couleurs, Soto crée un environnement optique qui augmente la sensation vibratoire et dynamique.
 
À travers la présentation de ces deux expositions simultanées, La Fondation Louis Vuitton réaffirme ainsi, une nouvelle fois, sa volonté d’ancrer son engagement pour la création actuelle dans une perspective historique.

(Mise en ligne : le 15 janvier 2019)