Exposition

Paris, 8 juin 2018

Expositions "Basquiat" et "Schiele" / Collection Courtauld

 

Expositions “Basquiat” et “Schiele” / Collection Courtauld

Programme automne 2018 – printemps 2019

I – Automne 2018
Egon Schiele – Jean-Michel Basquiat
3 octobre 2018 – 14 janvier 2019

D’un bout à l’autre du XXe siècle, de l’Europe – Vienne – à l’Amérique – New York, les œuvres et les vies d’Egon Schiele et Jean-Michel Basquiat fascinent par leur fulgurance et leur intensité. Tous deux meurent à 28 ans. En moins d’une décennie, ils seront devenus des figures majeures de l’art de leur siècle. Ils sont liés par leur destin et leur fortune, celui d’une œuvre courte dont l’impact comme la permanence a peu d’équivalent.
Leurs productions vertigineuses peuvent s’expliquer par cette fureur de vivre qui en fait aujourd’hui, au XXIe siècle, de véritables “icônes” pour les nouvelles générations. La nécessité vitale de l’art est la donnée capitale de ces deux œuvres exceptionnelles. « J’arriverai à un point où l’on sera effrayé par la grandeur de chacune de mes œuvres “vivantes” » écrit Schiele. En rupture avec le système académique, il refuse les modèles antérieurs, pour lui, « il n’existe pas d’art moderne, seulement un art éternel »*. D’abord inscrite sur les murs, l’œuvre de Jean-Michel Basquiat ne peut, elle, se comprendre sans la révolte qui l’anime, sa volonté de bouleverser l’ordre établi en dehors des canons et des hiérarchies. « La royauté, l’héroïsme et les rues » [Heroism and the streets], étaient, pour Basquiat, le sujet de son art.

Séparées, dans deux parcours différents, ces expositions sont respectueuses du contexte propre de ces deux œuvres, deux moments aussi riches que différents. Pour Schiele, la Vienne 1900, capitale de l’empire austro-hongrois, foyer intellectuel et artistique de premier plan marqué par la Sécession, le Jugendstil et la naissance d’une modernité intellectuelle et artistique bouillonnante ; pour Basquiat, le New York du début des années 1980 avec la vitalité de sa scène underground, de sa culture urbaine downtown, ses questionnements artistiques et identitaires.

Dans leur singularité, ces deux présentations s’inscrivent dans l’une des quatre lignes de la Collection de la Fondation Louis Vuitton : la vision subjective et expressionniste de l’artiste. Comme le note Suzanne Pagé, « À travers la permanence de la figuration, ces deux œuvres d’une rare intensité traduisent d’une façon fulgurante et irréductible une profonde détresse, très incarnée, par un trait particulièrement percutant.Chez Schiele, une ligne distordue et torturée pose des interrogations inquiètes et ose dire la sexualité crue à travers une introspection implacable et le regard sans bienveillance qu’il pose sur luimême et ses modèles auxquels il s’identifie ; partout présent s’impose aussi le pressentiment du tragique.

Chez Basquiat, un trait irrigué d’une impulsion juvénile et porté par une véritable rage se donne pour mission d’imposer la présence de la figure noire, suite au constat douloureux que fait l’artiste de son absence dans le monde de l’art, et des musées notamment. »

Avec Egon Schiele, c’est la première fois que la Fondation Louis Vuitton dédie une monographie à un artiste « historique ». C’est aussi la première fois qu’elle propose une exposition de cette ampleur consacrée à un unique artiste, Jean-Michel Basquiat, par ailleurs très présent dans sa Collection. Ainsi, la Fondation signifie, une nouvelle fois, sa volonté d’ancrer son engagement pour la création actuelle dans une perspective historique.

* “Lettre à Leopold Czihaczek”, Je peins la lumière qui vient de tous les corps. Lettres et Poèmes radieux issus des plus sombres tourments du peintre viennois Egon Schiele, éditions Agone, 2016, p. 48-49.

A – Egon Schiele (1890-1918)

L’oeuvre d’Egon Schiele est indissociable de l’esprit viennois du début du XXe siècle. En quelques années, son dessin s’est imposé comme l’un des sommets de l’expressionnisme. En rupture avec l’Académie où il rentre précocement, il fonde en 1909 le Neukunstgruppe et, grâce à la Secession viennoise et Gustav Klimt, découvre les travaux de Van Gogh, Munch ou Toorop.

À partir de 1911, c’est dans un certain isolement qu’il se concentre sur sa production propre, fascinante par la distorsion des corps qu’il propose, l’introspection, l’expression frontale du désir et du sentiment tragique de la vie. Fauché par la grippe espagnole en 1918, l’artiste aura réalisé en une dizaine d’années quelque trois cents toiles et plusieurs milliers de dessins.

Première monographie de Schiele à Paris depuis vingt-cinq ans, elle propose des oeuvres de tout premier ordre, comme Autoportrait à la lanterne chinoise (1912) emprunté au Leopold Museum (Vienne), Femme enceinte et mort (mère et mort) (1911) de la Národní galerie (Prague), Portrait de l’épouse de l’artiste (Edith Schiele), tenant sa jambe (1917) de la Morgan Library & Museum (New York), Nu féminin debout avec tissu bleu (1914) du Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg, Nu masculin assis vu de dos (1910), de la Neue Galerie New York ou Autoportrait (1912) de la National Gallery of Art, Washington.

L’exposition rassemble quelque 120 oeuvres – dessins, gouaches et quelques peintures – sur plus de six-cents mètres carrés, dans les galeries du rez-de-bassin (Galerie 1). Elle s’ordonne chronologiquement en quatre salles autour de la notion de ligne et de son évolution dans l’oeuvre de l’artiste. Dieter Buchhart explique ainsi son parti-pris : « Très rares sont les artistes qui ont abordé la ligne et le dessin avec autant de virtuosité et d’intensité que Schiele. […] En faisant évoluer la ligne ornementale vers la ligne expressionniste, combinée, modelée en trois dimensions, fragmentée et amputée, il a rendu possible une expérience limite dissonante et divergente de la ligne comme signe de l’existence humaine. »

Les quatre chapitres de l’exposition s’intitulent :
la ligne ornementale (1908-1909) ; la ligne expressive (1910-1911),
la ligne combinée (1912-1914), la ligne amputée et fragmentée (1915-1918).

  • La ligne ornementale, réunit des oeuvres inspirées du Jugendstil, toutes en fluidité, qui renvoient à la découverte de l’art de Gustav Klimt dont le rôle sera majeur dans sa formation. L’exposition s’ouvre d’ailleurs avec Danaë, grand nu de 1909 sous l’influence de celui-ci ;
  • La ligne expressive est indissociable des oeuvres plus expressionnistes de l’artiste et de ses portraits et autoportraits anguleux et contorsionnés, témoignant de ses expérimentations avec la ligne et la couleur ;
  • La ligne combinée, celle des années d’avant le premier conflit mondial, traduit l’angoisse prémonitoire de la guerre. Ce groupe d’oeuvres est contemporain ou immédiatement postérieur au bref emprisonnement de l’artiste, en 1912 à Neulengbach, à la suite d’une série d’accusations « d’atteintes aux moeurs ». Cette ligne naît de la combinaison d’éléments traditionnels et novateurs ; elle est marquée par l’introduction d’une tridimensionnalité prononcée et par la transparence des teintes ;
  • La ligne amputée et fragmentée dénote une exploration plus approfondie du modelé et de la fragmentation à travers la suppression des membres des corps représentés. Le placement des figures sur un arrière-plan vide joue ici, comme toujours dans son travail, un rôle-clef. Cette ligne se caractérise aussi par une touche colorée plus sèche.

B – Jean-Michel Basquiat (1960-1988)

L’oeuvre de Jean-Michel Basquiat, l’un des peintres les plus marquants du XXe siècle, se déploie dans quatre niveaux du bâtiment de Frank Gehry. L’exposition parcourt, de 1980 à 1988, l’ensemble de la carrière du peintre en se concentrant sur plus de 135 œuvres décisives. À l’image des Heads de 1981-1982, pour la première fois réunies ici, ou de la présentation de plusieurs collaborations entre Basquiat et Warhol, l’exposition
compte des ensembles inédits en Europe, des travaux essentiels tels que Obnoxious Liberals (1982), In Italian (1983) ou encore Riding with Death (1988), et des toiles rarement vues depuis leurs premières présentations du vivant de l’artiste, telles que Offensive Orange (1982), Untitled (Boxer) (1982), et Untitled (Yellow Tar and Feathers) (1982).

Dès la sortie de l’enfance, Jean-Michel Basquiat quitte l’école et fait de la rue de New York son premier atelier. Rapidement, sa peinture connaîtra un succès à la fois voulu et subi. L’exposition affirme sa dimension d’artiste majeur ayant radicalement renouvelé la pratique du dessin et le concept d’art. Sa pratique du copier-coller a frayé la voie à la fusion des disciplines et des idées les plus diverses. Il a créé de nouveaux espaces de réflexion et anticipé, ce faisant, notre société Internet et post-Internet et nos formes actuelles de communication et de pensée. L’acuité de son regard, sa fréquentation des musées, la lecture de nombreux ouvrages lui ont donné une réelle culture. Mais son regard est orienté :  l’absence des artistes noirs apparaît avec une douloureuse évidence ; l’artiste s’impose alors de faire exister, à parité, les cultures et les révoltes africaines et afro-américaines dans son oeuvre.

Le décès de Basquiat en 1988 interrompt une oeuvre très prolifique, réalisée en à peine une décennie, riche de plus de mille peintures et davantage encore de dessins. L’exposition se déploie sur près de 2500m2. Elle s’organise  hronologiquement, mais aussi par ensembles d’oeuvres définissant des thématiques et dictant des rapprochements. Pour Dieter Buchhart, « L’exposition suit sa création, depuis ses premiers dessins et travaux monumentaux jusqu’aux sérigraphies, collages et assemblages plus tardifs, mettant en lumière son inimitable touche, son utilisation de mots, de locutions et d’énumérations et son recours à la poésie hip hop concrète. À l’existence de l’homme afro-américain menacée par le racisme, l’exclusion, l’oppression et le capitalisme, il oppose ses guerriers et héros. »

Le parcours proposé est chronologique.

Rez-de-Bassin (galerie 2)

L’exposition s’ouvre sur l’ensemble exceptionnel de trois grandes Heads (Têtes) datant de 1981-1983. S’ensuit, autour de la thématique de la rue – conçue comme atelier, source d’inspiration, corps vivant – la présentation d’un ensemble d’oeuvres, majoritairement de 1981-1982, qui répercutent dans leurs compositions l’énergie, l’intensité de l’environnement urbain et son langage. Citons ici Crowns (Peso Neto). Ce premier moment de l’exposition se conclut par les grands personnages peints par l’artiste, les « prophètes » et le portrait saisissant d’un policier noir (Irony of Negro Policeman).

Rez-de-Chaussée (galerie 4)

Ce second temps de l’exposition est marqué par un ensemble d’une trentaine de dessins de têtes réalisés majoritairement en 1982 par l’artiste. Cet accrochage fonctionne comme une immense composition de visages occupant tout le champ de vision du regardeur ; il souligne l’importance du dessin chez Basquiat.

Plus loin, l’énergie graphique de la douzaine d’oeuvres présentées au même étage exprime toute la rage, la contestation, la révolte de Basquiat. Elle est symbolisée par de grandes figures afro-américaines – boxeurs ou combattants – qui sont aussi ses héros personnelsd: Untitled (Sugar Ray Robinson) (1982), St. Joe Louis Surrounded by Snakes (1982), Cassius Clay (1982)… L’introduction de lettres, de chiffres, de signes et de textes en fond accuse la complexité des compositions, comme dans Santo #1 (1982), Self-Portrait with Suzanne (1982), Untitled (1982), Portrait of the Artist as a Young Derelict (1982).

Niveau 1 (galerie 5)

« Héros et Guerriers » ouvrent cette séquence. Une figure frontale de boxeur noir, Untilted (Boxer) (1982), chef-d’oeuvre iconique, fait le lien avec la section précédente. Les personnages héroïsés se parent d’auréoles, de couronnes, ou de couronnes d’épines… La figure émancipatrice de Samson apparaît dans Obnoxious Liberals (1982). Le parcours se poursuit avec des toiles liant une histoire longue et des archétypes avec l’environnement direct de l’artiste, dans des compositions nourries de récits et d’écritures fragmentaires, comme Price of Gasoline in the Third World (1982) ou Slave Auction (1982), qui traite directement de la traite des esclaves. Autre tableau clé, In Italian (1983) témoigne du talent de coloriste de Basquiat.

Le dernier temps de la galerie 5 s’organise autour de la musique et tout particulièrement de la figure du saxophoniste de jazz Charlie Parker, un des héros de Basquiat. Cinq oeuvres reviennent sur une figure légendaire qu’il considère comme un alter-ego : CPRKR (1982), Horn Players (1983), Charles the First (1982), Discography (One) (1983), Now’s the Time (1985).

Niveau 1 (galerie 6)

La salle réunit six toiles où l’écriture joue un rôle central, dont Museum Security (Broadway Meltdown) (1983) et Hollywood Africans in Front of the Chinese Theater with Footprints of Movie Stars (1983) qui représente le peintre entouré d’amis.

Niveau 1 (galerie 7)

À l’écart, l’espace de la galerie 7 permet notamment de regrouper une suite de quatre oeuvres – Lye (1983), Flash in Naples (1983), Napoleonic Stereotype (1983) – composées à partir d’un motif similaire : une grille sur laquelle viennent se poser les figures, empruntées à l’histoire, l’histoire de l’art ou le contexte immédiat de l’artiste.

Niveau 2 (galerie 9)

Deux ensembles majeurs sont proposés dans cette salle. Le premier réunit autour du monumental Grillo, 1984, un groupe apparenté, dont Gold Griot. S’y expriment des références à une culture africaine réinterprétée et véhiculée par la diaspora, où la figure noire s’impose, omniprésente. Le second ensemble est consacré à la relation entre Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol. Portrait réalisé en 1982 par Basquiat, Dos Cabezas, 1982, inaugure cette fascination mutuelle et introduit à un ensemble d’oeuvres réalisées à quatre mains à partir de 1984. Warhol et Basquiat collaborent en mêlant librement dessin et sérigraphie. Mind energy (1984), OP-OP (1984) ou encore Eiffel Tower (1985) figurent ici.

Niveau 2 (galeries 10 et 11)

Les dernières salles s’organisent en deux sections, l’une se centre sur de grands formats de 1985-1987, mêlant acrylique, pastel gras et collages. Des procédés graphiques qui semblent empruntés aux techniques musicales de l’échantillonnage créent une surface dense, des compositions éclatées, suggérant une multiplicité de lectures. L’autre section, dont l’intitulé Unbreakable (Incassable) reprend le titre d’une oeuvre de 1987, rassemble quelques-unes des dernières productions de l’artiste, dont l’impressionnant Riding with Death (1988). La toile témoigne de l’héritage pictural complexe de l’artiste, où se conjuguent des références à l’art de la Renaissance, à la peinture d’icône, aux courants les plus radicaux du XXe siècle, mais où s’affirme surtout un sentiment de désarticulation dans une course furieuse et désespérée vers le néant.

L’exposition Jean-Michel Basquiat a été rendue possible grâce à la collaboration de la Fondation Louis Vuitton et de la Brant Foundation.

II – Printemps 2019
La Collection Courtauld
Un regard sur l’impressionnisme
20 février-17 juin 2019

La Fondation Louis Vuitton et la Courtauld Gallery de Londres ont le plaisir d’annoncer l’exposition « La Collection Courtauld. Un regard sur l’impressionnisme » qui explore la
constitution par Samuel Courtauld (1876-1947) d’une des plus importantes collections d’art impressionniste. L’exposition présentera à Paris, pour la première fois depuis plus de soixante ans, la collection de cet industriel et mécène anglais. Elle s’inscrit dans la lignée de précédentes expositions telles que : « Les Clefs d’une passion » (2014-2015), qui réunissait les chefs-d’oeuvre les plus significatifs de la modernité et « Icônes de l’art moderne. La Collection Chtchoukine » (2016-2017) ainsi que « Être Moderne : Le MoMA à Paris » (2017-2018), qui proposaient toutes deux des choix d’oeuvres de grandes collections rassemblées par des mécènes, des conservateurs et des philanthropes éclairés.
La Fondation réaffirme ainsi, une nouvelle fois, sa volonté d’ancrer son engagement pour la création actuelle dans une perspective historique.

L’exposition réunira une centaine d’œuvres – essentiellement des peintures mais aussi des œuvres graphiques, ayant toutes appartenu à Samuel Courtauld et majoritairement
conservées à la Courtauld Gallery ou dans différentes collections publiques et privées internationales. Notons aussi la présence d’aquarelles de William Turner provenant de Stephen Courtauld, frère de Samuel.

Occasion unique de découvrir quelques-unes des plus grandes peintures françaises de la fin du XIXe siècle et du tout début du XXe (Manet, Seurat, Cézanne, Van Gogh,
Gauguin), l’exposition illustre le rôle pionnier de Samuel Courtauld et son influence dans la reconnaissance de l’impressionnisme au Royaume-Uni. Il a su réunir des chefs-d’œuvre, présentés ici : Un bar aux Folies-Bergère de Manet, Nevermore, le grand nu tahitien de Gauguin, La Loge de Renoir ou encore l’un des plus célèbres tableaux de Van Gogh, Autoportrait à l’oreille bandée dont ce sera la première présentation à Paris depuis l’exposition organisée en 1955 au musée de l’Orangerie.

Samuel Courtauld joue un rôle fondamental dans la reconnaissance de Cézanne et rassemble le plus grand ensemble du peintre au Royaume-Uni, dont la Montagne Sainte-Victoire au grand pin et l’une des cinq versions des célèbres Joueurs de cartes. Après une décennie consacrée à collectionner, il crée le Courtauld Institute of Art and Gallery à Londres auquel il fait don, en 1932, de la majorité de ses chefs-d’oeuvre.

Parallèlement à la constitution de sa collection, il ouvre les collections nationales aux écoles étrangères en créant, à la National Gallery, le Fonds Courtauld qui favorise l’acquisition de toiles impressionnistes et postimpressionnistes. Citons, parmi les plus remarquables, Champ de blé avec cyprès de Van Gogh, premier tableau du peintre à entrer dans une collection publique britannique. Cette oeuvre figure ici aux côtés d’autres prêts importants de la National Gallery : Café-Concert d’Édouard Manet, La Yole de Pierre-Auguste Renoir, Gare Saint-Lazare de Claude Monet, Le canal de Gravelines de Georges Seurat.

Les liens qu’entretient Samuel Courtauld avec la France ont un fondement historique : sa famille, huguenote, est originaire de l’île d’Oléron et émigre à Londres à la fin du XVIIe siècle. D’abord orfèvres, ses ancêtres se font producteurs de soie. L’entreprise familiale deviendra, avec le développement de la viscose – la soie artificielle – l’une des plus importantes au monde dans le domaine du textile. Francophone, Samuel Courtauld
se rend régulièrement à Paris pour acheter des oeuvres auprès des marchands français.

Sa collection est d’abord exposée dans sa demeure néoclassique située à Portman Square, au centre de Londres. La dimension philanthropique de Courtauld et de son épouse, très active dans le domaine du mécénat musical est fondée sur sa conviction que l’art est garant de l’épanouissement individuel et du bien-être de la société. Visionnaire, il crée le Courtauld Institute of Art en 1932. Premier établissement universitaire du Royaume-Uni exclusivement dédié à l’enseignement de l’histoire de l’art et de la restauration des oeuvres il reste, à ce jour, un centre majeur de recherche en art.

La fermeture temporaire pour rénovation de la Courtauld Gallery, à partir de septembre 2018, rend possible cette exposition. L’opération menée sur plusieurs années, appelée Courtauld Connects, verra la transformation du Courtauld Institute of Art and Gallery et notamment la rénovation de la Great Room, le premier espace public d’exposition construit en Angleterre, qui a accueilli jusqu’en 1836 l’exposition annuelle de la Royal Academy (équivalent du Salon parisien).